Livre: La fête de l’insignifiance de Milan Kundera
- Muriel Aubry (Blog - #7)
- 4 janv. 2016
- 2 min de lecture
Aux Éditions Gallimard 2014, 126 pages
Pourquoi j’ai aimé ce livre de Kundera?

Avec son dernier livre, La fête de l’insignifiance, dans des situations peu sérieuses, improbables voire oniriques, Milan Kundera va à l’essentiel. Plus que jamais, il va droit au cœur de l’âme humaine. Dans ce livre, ce n’est pas autant l’intrigue qui compte que le regard que l’on pose sur les êtres et les choses.
Comme le monde, ce livre est multiple et le lecteur peut l’enrichir de sa propre imagination à laquelle Kundera laisse place. Un livre que l'on pourrait vouloir relire pour avoir la chance de le redécouvrir avec un nouveau regard! Milan Kundera apparaît à nouveau comme un brillant et subtil révélateur de l’intéressante complexité des personnalités humaines. De L’insoutenable légèreté de l’être à La fête de l’insignifiance, l’importance des mots et de la signification qu’ils revêtent, selon le vécu et le senti de chaque individu, imprègne ce livre comme ses autres livres. Peu importe la situation, si elle ne tend à prendre corps qu’à travers le filtre de nos émotions et le biais de notre interprétation, il nous revient de tenter de distinguer le sérieux du comique ou d'être sensible à l’absurde des situations et des actions. A nous de faire la fête de l’insignifiance pour devenir plus léger!
A 85 ans, avec La fête de l’insignifiance, Milan Kundera nous livre-t-il, comme évoqué dans certaines critiques, un message un peu cynique fasse à la vie et à notre monde contemporain en mal de sens, nous prête-t-il son regard d’écrivain dans l’espace d’un livre, nous sert-il une leçon pour le bonheur ou, en filigrane, pourrait-il nous éveiller à l’idée que sous l’insignifiance des histoires, des situations et des ego, sous la sclérose des étiquettes et du jugement, il y a une conscience plus large qui donne accès à l’essence des Êtres….une conscience qui nous incite à la compassion quand ce n’est à la tendresse ou à l’amour? Peut-être un mélange de tout cela ou plus…ou autre…selon le lecteur qui a pleine liberté! Gardons en tête, comme le souffle Kundera à un de ses personnages, qu’il y a autant de représentations du monde qu’il y a de personnes sur la planète!
Remarque : Avis à ceux qui cherche une histoire avec une logique linéaire où tout est dit et expliqué, s’abstenir! Ou parier sur la possibilité de se laisser séduire par La Fête de l’insignifiance de Kundera! Un livre qui requiert, peut-être, d’avoir déjà côtoyé sur papier et aimé le monde selon Kundera, mais aussi de laisser vagabonder son imagination aux déclics de ses mots!


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